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Le blog de T-H-A

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Des droits, toujours des droits. Parlons-en !


Pour une fois que l'on parle de présumé innocent ...

Publié par T-H-A sur 18 Mai 2011, 08:45am

Catégories : #Mettons les choses au point

 

          J'entends dire beaucoup de choses sur l'affaire DSK, et beaucoup d'amalgames. On le sait, le tenancier de ces lieux a parfois du mal à avaler des vulgarisations journalistiques et politiques qui font parfois bien du mal à l'information.

           Quelques précisions donc sur la présomption d'innocence et la "présomption de victime" qui vient de sortir. Certaines personnes, outrées que l'on parle d'un accusé comme d'un présumé innocent et pas d'un violeur présumé comme on l'entend bien souvent dire, ont eu un sursaut de pensée pour la prétendue victime. Soyons précis : ce qui va faire d'une personne qu'elle sera coupable, c'est un jugement. Ce qui va faire d'une victime qu'elle en sera une, c'est un jugement. Notre nation est fondée sur le fait que la justice est un monopole : pas de justice privée, pas de reconnaissance d'un dommage sans décision. Ainsi, la victime prétend l'être : puisqu'il n'y a pas de décision, il n'y a pas de victime, mais à ce stade elle a déjà une reconnaissance puisqu'elle peut lancer l'action publique et mettre en mouvement le parquet.

            Quant au mis en cause (DSK), il est lui présumé innocent jusqu'à preuve du contraire (et ça vaut aussi bien aux Etats-Unis que chez nous). Je passe rapidement sur le fait que tout le monde semble s'apercevoir que la présomption d'innocence existe. Tony Meilhon n'a pas eu droit aux mêmes égards, ni un nombre incalculable de personnes présumées coupables. Ce n'est pas que je réprouve le traitement de DSK, mais il mériterait d'être étendu à tous ... Je ne compte plus le nombre de fois où ici même je me suis indigné que l'on puisse parler d'assasin présumé, d'auteur présumé des faits, alors par ce fait même on portait atteinte à la présomption d'innocence que l'on croyait protéger.

Présumer, cela veut dire "supposer, préjuger". Cela veut donc dire que l'on s'abstient de tout préjugement de culpabilité avant un vrai jugement. Cela ne veut pas dire pour autant que l'on va tenir le procès pour arriver à une décision de non culpabilité, mais qu'au bout du compte, si l'accusation n'arrive pas à prouver que la personne est coupable, alors le doute lui profite.

        Mais alors, et la victime ? Si l'accusé est présumé innocent, alors est-elle "présumée menteuse" comme l'ont dit certains ? La première des choses à répondre, c'est que si on pensait qu'elle ment, il n'y aurait pas d'affaire. Il ne faut pas oublier dans ce genre d'affaires où tout le monde a son opinion, qu'il existe toujours une multitude de choses que l'on ignore, et seules deux personnes connaissent la vérité. Seul un procès peut donc essayer de faire le plus de lumière possible sur une histoire complexe, même si la vérité peut ne jamais éclater.

 

           Mais, je le précise encore, chacun a droit au respect de sa présomption d'innocence. Cela signifie donc que personne n'a le droit de porter atteinte à ce droit. Le procès pénal se doit de troiuver un équilibre entre la protection de la société et la sauvegarde des libertés individuelles. Ce dernier aspect ne saurait être un simple simulacre, ne saurait en aucun cas être une mesure de clémence, de laxisme envers des personnes que l'on soupçonne, que l'on a déjà préjugées, mais bien un des droits les plus fondamentaux qui nous protègent de l'erreur judiciaire, de l'arbitraire et qui donnent à chacun le droit de se défendre. Passer outre, mettre de côté cet aspect, c'est ouvrir la porte à la tyrannie.

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Azhour 05/04/2012 19:38


Oh désolée , je radote là, un bug :-)

Azhour 05/04/2012 19:36


Bonjour,


Je suis d'accord avec vous sur la présomption d'innocence, elle est bien souvent malmenée et on se la rappelle lorsqu'il s'agit de parler des "puissants". En revanche, sur la victime présumée
"menteuse" c'est vrai dès lors qu'il s'agit de viol ou d'agressions sexuelles. Il y a une présomption de consentement qui repose sur la victime (ou plaignante si vous préférez) de viol à un point
tel qu'il devient impossible à la victime de prouver son non consentement. Je ne sais pas si vous vous intéressez à se sujet... Mais il y a manifestement un gros souci (euphémisme) d'une part ,
parce qu'il y a une présomption de consentement qui repose sur la victime de viol, d'autre part, parce que la majorité des viols sont correctionnalisés. Alors oui je pense que la victime présumée
menteuse existe, sans doute ce qui explique que 70 000 femmes violées (par an ) ne portent pas plainte

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