Jeudi 25 février 2010
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08:39
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Par T-H-A
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Publié dans : Tempête de cerveau
Tout le monde ici ou presque connaît mon amour sans limites pour cet homme. Il vient encore une fois de
s'en montrer digne, en s'exprimant à nouveau sur l'affaire Soumaré, dont je vous parlais déjà hier. Tout est là, un florilège du lefebvrisme
expliqué aux enfants : comme d'habitude, il a une idée forte. Il désire que chaque candidat soit amené à présenter son casier judiciaire, et également que soit inéligible la personne condamnée
pour violences (volontaires ou pas, Fred ne nous le précise pas). Evidemment, la mauvaise langue que je suis va vous dire que bizarrement, aucune des infractions d'affaires dont je vous parlais
hier n'est visée ici. On va voir précisément ce qu'il en est.
Dans le Code pénal, les violences contre les personnes sont classées par niveau de gravité en fonction de l'intention et du résultat.
Il y en effet une première distinction entre les violences volontaires et celles dites involontaires (je précise qu'on ne dit plus coups et blessures mais violences maintenant, et ce depuis
plusieurs années, soyez tendance, suivez le mouvement). La deuxième distinction se fait en fonction du résultat, les fameuses interruptions temporaires de travail, ou ITT. C'est le nombre d'ITT
qui déterminera la peine maximale encourue.
Or, on nous dit que Ali Soumaré aurait causé une ITT de moins de 8 jours. Le Code pénal dans son article 222-13 nous dit que la peine maximale est de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros
d'amende, en supposant qu'aucune circonstance aggravante ne soit retenue. On a ici affaire à un délit, mais un délit parmi les moins importants.
Cela ne semble pas effleurer l'esprit de ce maître à penser parmi l'UMP qui aime à oublier ses connaissances juridiques de façon fort
opportune. Il surenchérit en ajoutant "Quand les Français vont aller voter, il faut bien qu'ils se souviennent qu'il y a deux conceptions de la sécurité dans notre pays" : "la
majorité présidentielle qui a choisi comme tête de liste (Seine-Saint-Denis) un capitaine de police (Bruno Beschizza) issu de la diversité". Et "le PS qui a choisi quelqu'un qui a été
condamné", a déclaré le porte-parole de l'UMP. "Aucun parti politique n'avait osé présenter quelqu'un de condamné pour des actes graves comme tête de
liste", a-t-il conclu.
C'est gros comme une maison, mais pour lui, plus c'est gros, plus c'est bon, on a bien affaire à un pote de Nicolas. Je passe sur les
deux conceptions de la sécurité dans notre pays, c'est suffisamment moche et trivial pour que je m'y attarde.
En revanche, la dernière phrase (celle en gras vous l'aurez compris), elle pique aux yeux. Je peux vous
donner des noms de personnes condamnées et réélues : Patrick Balkany, Alain Juppé, Henri Emmanuelli, etc ... Ces personnes-ci ont été condamnées respectivement pour travail illégal, prise
illégale d'intérêts et trafic d'influence. Et si elles restent des délits (donc des infractions punies de moins de 10 ans d'emprisonnement inclus), ce sont des délits graves car ils peuvent aller
jusqu'à dix ans d'emprisonnement pour certains d'entre eux. Si c'est moins grave que des petites violences, je veux bien m'appeler Judicaël Wasilton dès demain.
Je ne reprocherai probablement pas à un homme politique de prêcher pour sa paroisse, mais dire que les bons sont d'un côté et les mauvais de l'autre, c'est du
manichéisme primaire. C'est du sarkozysme, et le lefebvrisme en est un courant très vivant.
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